Le carnet

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La salle qu’on allait démolir — Siamaque

vendredi 25 septembre 2026

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La salle qu’on allait démolir

Siamaque · Adaptation libre du Shâhnâmé de Ferdowsi
Université de Kashan — Farvardin 1390, printemps 2011

Un gymnase de l’université de Kashan, sur la route de Ravand. Il était promis à la démolition ; entre la décision et les pelleteuses, nous l’avons obtenu.

Cette image n’est pas du spectacle, elle est des jours d’avant. Une grande partie du décor est montée, une partie manque encore. Les couleurs répandues au sol sont celles des masques — les acteurs jouaient masqués. Les instruments attendent sur le plateau : tonbak, daf, damâm, dohol, zarb de zurkhâneh, tous ceux que nous avons joués. Sur le tonbak, celui que nous appelions « le tonnerre » : du bois, deux peaux, un fil. On le secouait, il faisait l’orage. Mon père l’avait fabriqué.

Et ce corps allongé au milieu du plateau, c’est le metteur en scène. Sur la natte où nous avions déjeuné à midi. On travaillait de six heures du matin à deux ou trois heures de la nuit ; ce jour-là, je me suis endormi au milieu du chantier.

Nous avions de l’élan, beaucoup. Et chaque fois quelque chose en arrachait un morceau : la censure, les surveillants de l’université, l’argent que l’université n’a pas versé. Nous avons joué quatre soirs. Après, j’ai décidé de partir pour de bon. Deux ans de service militaire, Ispahan, un mariage, et en 2014 je suis sorti d’Iran — trois ans entre cette photo et ce jour-là.

Quinze ans plus tard, à Paris, je regarde cette image. Une création arrive en novembre, une plus grande en avril 2027 à La Scala Paris. Et c’est cette salle-là qui se tient aujourd’hui derrière la première page de ce site : chaque fois que quelqu’un pousse la porte, il y entre sans le savoir.

Sina Tila

۲۵ سپتامبر ۲۰۲۶

سالنی که قرار بود خراب شود

سالن ورزشی دانشگاه کاشان، جاده‌ی راوند. قرار بود خرابش کنند؛ در فاصله‌ی میان تصمیم و کلنگ، ما گرفتیمش. فروردین ۱۳۹۰.

این عکس از اجرا نیست، از روزهای پیش از آن است. بخش بزرگی از دکور بالا رفته، بخشی هنوز مانده. رنگ‌هایی که روی زمین ریخته، رنگ ماسک‌هاست — بازیگران ماسک داشتند. سازها روی صحنه پخش‌اند: تنبک، دف، دمام، دهل، ضرب زورخانه؛ همان‌هایی که در اجرا زدیم. روی تنبک آن ساز است که «رعد» صدایش می‌کردیم: چوب، دو پوست، یک سیم. تکانش که می‌دادی، رعد و برق می‌شد. پدرم ساخته بودش.

و آن پیکر که وسط صحنه خوابیده، کارگردان است. روی حصیری که ظهر رویش ناهار خورده بودیم. از شش صبح تا دو و سه بامداد کار می‌کردیم؛ آن روز وسط کار چرتی زدم.

انگیزه داشتیم، خیلی. و هر بار چیزی از آن کنده می‌شد: سانسور، انتظامات دانشگاه، پولی که دانشگاه نداد. چهار شب اجرا کردیم. بعد تصمیم گرفتم برای همیشه بروم. دو سال سربازی، اصفهان، ازدواج، و سال ۱۳۹۳ از ایران بیرون آمدم — از این عکس تا آن روز، سه سال.

پانزده سال بعد، در پاریس، به این عکس نگاه می‌کنم. نمایش تازه‌ای در راه است برای نوامبر، و یکی بزرگ‌تر برای آوریل ۲۰۲۷ در لا اسکالای پاریس. و همین سالن است که امروز پشت صفحه‌ی اول این سایت ایستاده: هر بار کسی در را باز می‌کند، بی‌آنکه بداند وارد آن می‌شود.

سینا تیلا

Photo : Hadi Moradi · عکس: هادی مرادی

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